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	<title>Interlignes</title>
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		<title>Nous étions des êtres vivants de Nathalie Kuperman par Clémentine Zérathe</title>
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		<pubDate>Wed, 16 May 2012 10:15:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nathalie Kuperman]]></category>

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		<description><![CDATA[L’entreprise Mercandier Presse va être revendue à un homme d’affaires, Paul Cathéter. Dans Nous étions des êtres vivants, Nathalie Kuperman raconte le bouleversement qui va surgir dans la vie de chacun des employés face à cette nouvelle terrifiante. Dans ce roman en trois actes inspiré de sa propre histoire, l’auteur alterne entre le « nous » lorsque [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em> </em></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2012/05/Nous-etions-des-etres-vivants.jpg"><img class="size-medium wp-image-1666  aligncenter" title="Nous-etions-des-etres-vivants" src="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2012/05/Nous-etions-des-etres-vivants-204x300.jpg" alt="" width="204" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">L’entreprise Mercandier Presse va être revendue à un homme d’affaires, Paul Cathéter. Dans <em>Nous étions des êtres vivants</em>, Nathalie Kuperman raconte le bouleversement qui va surgir dans la vie de chacun des employés face à cette nouvelle terrifiante. Dans ce roman en trois actes inspiré de sa propre histoire, l’auteur alterne entre le « nous » lorsque le chœur des salariés s’exprime et le « je » quand l’un des personnages raconte sa vision de la revente. Cette alternance de narrateurs montre bien l’esprit de l’entreprise durant cette période de crise : chacun doit se soutenir, la solidarité doit faire loi et pourtant il faut également réussir à tirer son épingle du jeu, ne pas être celui ou celle qui sera licencié. Les employés forment un tout, un seul groupe, mais les tensions au cœur même de ce groupe sont bel et bien présentes et les contradictions se révèlent au fil de la lecture.</p>
<p style="text-align: justify;">Le problème de la vente de l’entreprise est toujours sous-jacent et, même si le lecteur entre dans les pensées et la vie privée de plusieurs des protagonistes, tout semble tourner autour de cette nouvelle qui fait peur, et de ce Paul Cathéter. Cet homme d’affaires, bien qu’il soit l’élément perturbateur du roman, ne devient, à aucun moment, un « je » narratif. En effet, il est au centre de toute l’histoire et est un des seuls à ne jamais être narrateur. Il apparaît comme un personnage très négatif et n’a pas le droit de se défendre, la parole ne lui est jamais donnée.</p>
<p style="text-align: justify;">Durant tout le livre, le lecteur suit les différents personnages dans ce qu’ils ont de plus humains, ces petits détails de la vie qui font leur humanité, parce qu’ils sont des êtres vivants dit le chœur dans la première partie. Mais le lecteur assiste en fait à une véritable descente, non par vers l’enfer, mais vers la folie de certains d’entre eux et le basculement du mal-être moral au mal-être physique, comme le montre la chute d’Agathe Rougier, par exemple. Et le lecteur comprend alors le titre du livre, comme si cette revente de l’entreprise déshumanisait les salariés.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce roman fiction très actuel, Nathalie Kuperman laisse échapper sa colère. Elle se place du côté des salariés revendus avec l’entreprise comme de simples meubles de bureaux et, avec simplicité, justesse et force, montre l’impact d’une telle décision sur leur vie quotidienne.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Clémentine Zérathe</em></p>
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		<title>Guide d&#8217;entretien &#8211; Dany Laferrière &#8211; L&#8217;énigme du retour</title>
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		<pubDate>Mon, 14 May 2012 15:22:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dany Laferrière]]></category>
		<category><![CDATA[Guide d'entretien]]></category>

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		<description><![CDATA[1. Un fils et son père 1.1. « La nouvelle coupe la nuit en deux. » (p. 13) Le roman s’ouvre sur l’annonce que l’on vous fait, par téléphone, de la mort de votre père. Votre père et vous êtes haïtiens, mais lui s’est exilé à New York et vous à Montréal. Au moment où [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>1.	Un fils et son père</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2012/05/Lafferière-module01a.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1659" title="Lafferière module01a" src="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2012/05/Lafferière-module01a-300x230.jpg" alt="" width="300" height="230" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">1.1. « La nouvelle coupe la nuit en deux. » (p. 13) Le roman s’ouvre sur l’annonce que l’on vous fait, par téléphone, de la mort de votre père. Votre père et vous êtes haïtiens, mais lui s’est exilé à New York et vous à Montréal.<br />
Au moment où cette nouvelle vous arrive, depuis combien de temps étiez-vous exilés l’un et l’autre ? Depuis combien de temps ne vous étiez-vous pas vus (p. 74) ?   Vous racontez que vous avez fait une tentative pour aller le retrouver dans sa chambre à Brooklyn, mais qu’il ne vous a pas ouvert la porte. (pp. 67-68) Pourquoi, à votre avis, a-t-il refusé ? Après cette très longue séparation, quel effet vous fait, immédiatement, l’annonce de la mort de votre père ?</p>
<p style="text-align: justify;">1.2. Le livre est tout entier un portrait de votre père. Car pour le retrouver, vous vous rendez, après sa mort, dans les lieux où il a vécu, en commençant par la fin : New York, pour arriver à son village natal à la fin du livre : Barradères, en passant par Port-au-Prince. Vous allez aussi à la rencontre de ses amis : un coiffeur et un restaurateur à Manhattan, et puis en Haïti deux de ses très proches copains, l’un qui a fait fortune comme ministre, l’autre qui s’est retiré comme modeste éleveur de poules.<br />
Pouvez-vous nous parler de votre père ? C’était un dandy ? (pp. 65, 230, 288) Un révolutionnaire (pp. 249, 250)? Quelle a été son action en Haïti ? Pourquoi a-t-il été contraint de s’exiler, très jeune, en laissant une femme et deux enfants (vous-même et votre sœur) ? Comment votre mère et votre sœur ont-elles vécu votre absence, à vous et à votre père (pp. 116 à 118, p. 123) ?</p>
<p style="text-align: justify;">1.3. En lisant votre livre, on comprend que votre décision de revenir d’exil est liée au décès de votre père. A Barradères, le village natal de votre père, vous participez par hasard à un enterrement, et vous vous rendez compte que vous êtes venu là pour enterrer vous aussi votre père, même si sa dépouille est restée à Brooklyn. Revenir d’exil, c’était aussi revenir vers votre père ? Pourquoi a-t-il fallu attendre qu’il meurt pour retourner au pays ? En allant jusqu’à son village natal, avez-vous voulu clore un cycle, celui de votre père, pour commencer vous une nouvelle vie ? Etait-ce au contraire une manière de vous réconcilier avec vous-même ? (Cf. les dernières lignes du livre pp. 299-300)</p>
<p style="text-align: justify;">1.4. Tous ceux qui ont connu votre père vous disent que vous lui ressemblez.<br />
Au-delà de la ressemblance physique, vous sentez-vous des traits de caractère commun, comme par exemple cette aptitude à la révolte ? (p. 58, p. 64, p. 198) Ces similitudes vous font-elles souffrir, ou bien les revendiquez-vous au contraire ?</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>2. Haïti</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2012/05/Lafferiere-module02a.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1660" title="Lafferiere module02a" src="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2012/05/Lafferiere-module02a-300x230.jpg" alt="" width="300" height="230" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">2.1. A côté de votre père, il y a dans votre roman un autre personnage central : votre terre natale, Haïti.<br />
Pouvez-vous nous rappeler d’abord où se trouve votre pays et quel est son histoire politique: colonisation, esclavage, indépendance, dictature des Duvalier père et fils, régime du père Aristide,… (pp. 133, 210) ?</p>
<p style="text-align: justify;">2.2. Le tableau que vous faites est celui d’une très grande misère, avec une préoccupation dominante : combattre la faim (p. 138). Pour vous, la faim pourrait être « le sujet du grand roman haïtien », comme l’espace est le sujet du roman nord-américain  (l’Ouest, la lune), le temps le sujet du roman sud-américain, la guerre le sujet du roman européen… Mais comme ceux qui ont faim ne lisent pas, le thème de la faim n’est jamais traité.<br />
La fin de la dictature ne créait-elle pas les conditions d’une amélioration de la situation ? L’île ne paraît pas manquer de richesses. Quelles sont aujourd’hui les conditions concrètes d’existence de la population haïtienne ?</p>
<p style="text-align: justify;">2.3. Plus encore que la misère, ce sont les écarts de niveaux de vie qui apparaissent le plus choquant. Vous évoquez dans votre roman l’existence d’une classe aisée, dont fait partie notamment l’un des amis de votre père, l’ancien ministre, qui s’est enrichi pendant son mandat.<br />
Pouvez-vous vous en dire davantage sur ce que vous avez constaté sur place ? Comment la cohabitation entre riches et pauvres est-elle seulement possible compte tenu de l’étendue des écarts de richesse et de revenu (p. 125) ? Il semble qu’il y ait une ségrégation urbaine et une grande insécurité. Vous parlez même de « contrats » qui se négocieraient par téléphone portable entre les ghettos riches et les ghettos pauvres (p. 203). Pouvez-vous nous en dire davantage ? Que pensez-vous du rôle des organisations internationales, et du comportement de leurs représentants sur place ? (p.132)</p>
<p style="text-align: justify;">2.4. Malgré la misère, la vie de la rue reste animée, colorée, attachante. La sensualité affleure partout (p. 133). On est sous les Tropiques. Les gens sont extrêmement généreux (pp. 95-96, p. 262). Pouvez-vous revenir sur les sensations que vous avez éprouvées quand vous êtes rentré : odeurs, sons, couleurs, saveurs ? Comment les peintres et les romanciers haïtiens rendent-ils compte de cette richesse esthétique ?</p>
<p style="text-align: justify;">2.5. Le sentiment religieux semble vivace. Ce que vous décrivez est une sorte de syncrétisme catholico-vaudou. Il y a notamment ces deux déesses jumelles : Marie Immaculée Conception et Erzulie Freda Dahomey, l’une catholique, l’autre vaudoue, « des vierges assoiffées l’une de sang, l’autre de sperme » (p. 243).<br />
Quel rapport les Haïtiens entretiennent-ils avec le sacré ?</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>3. L’énigme du roman</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2012/05/Laferriere-module03a.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1661" title="Laferriere module03a" src="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2012/05/Laferriere-module03a-300x230.jpg" alt="" width="300" height="230" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">3.1. Vous écrivez p. 42 : « Seul le voyage sans billet de retour peut nous sauver de la famille, du sang, et de l’esprit de clocher. » Et encore ceci : « Si on veut vraiment partir, il faut oublier l’idée même de la valise ». Votre départ d’Haïti, vous paraissez l’avoir conçu comme une rupture franche et définitive, comme l’occasion d’une nouvelle vie.<br />
Au fond, pourquoi êtes-vous rentré en Haïti, après cette très longue absence ? Est-ce que vous le savez ou est-ce que cette question reste une énigme aussi pour vous ?</p>
<p style="text-align: justify;">3.2. Vous parlez avec beaucoup de sensibilité du Canada et de Montréal. (p. 15, p. 54). Quand votre père meurt, votre premier geste est d’accomplir un voyage dans le Grand Nord, à la rencontre d’un écrivain que finalement vous ne trouvez pas.<br />
Pourquoi avoir choisi le Canada au moment de votre exil ? Quel métier y avez-vous exercé ? Aimez-vous ce pays, malgré le froid ? Y avez-vous connu des amitiés, des amours ? Vous êtes-vous intégré à la population canadienne ou êtes-vous resté un réfugié ?<br />
Vous écrivez : « Le temps passé ailleurs que dans son village natal est un temps qui ne peut être mesuré. Un temps hors du temps inscrit dans nos gênes. » (p. 30) Vous écrivez aussi : « Entre le voyage et le retour se trouve coincé ce temps pourri qui peut pousser à la folie. » (p. 27)<br />
Pourtant 33 ans au Canada, plus de la moitié de votre vie, ce n’est pas du temps mort, c’est un temps qui contribue à façonner votre identité, non ?</p>
<p style="text-align: justify;">3.4. Quand vous arrivez à Haïti, vous logez à l’hôtel, dans un quartier protégé. Vous ne plongez pas immédiatement dans le grouillement de Port-au-Prince. Vous parlez toujours créole, mais un jus de fruit bu dans la rue vous rend malade. Pour vous déplacer dans l’île, vous appointez un chauffeur et empruntez la voiture d’un ancien ministre. Aujourd’hui d’où êtes-vous ? Du Canada ? De Haïti ? Du Nord ? Du Sud ? Où vous sentez-vous chez vous ? Appartenez-vous pleinement à deux terres, à deux nations, ou vous sentez-vous dans une sorte d’inconfort ? Cf : « Le feu du sud croisant la glace du nord fait une mer tempérée de larmes. » (p. 17) Etes-vous retourné vivre à Montréal ? Comment organiserez-vous votre vie désormais ?</p>
<p style="text-align: justify;">3.4. Quel est pour vous, dans cette thématique du départ, de l’exil et du retour, le symbolisme associé à l’objet valise, qui occupe beaucoup de place dans le roman ? Votre père à New York avait enfermé une valise dans un coffre de la Chase Manhattan Bank à New York. Après sa mort, vous essayez d’y avoir accès, en vous faisant passer pour votre père. Mais la valise est dotée d’une serrure à code, et vous ne parvenez ni à l’ouvrir ni à l’emporter. Le roman se termine sans que « l’énigme de la valise » ne soit élucidée. Un ami de votre père suggère qu’elle doit contenir des documents historiques sur les années d’engagement. Avez-vous aujourd’hui une idée du contenu de cette valise. Pourquoi n’avez-vous pas insisté pour le récupérer ?</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>4. « Ecrire », disent-ils</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2012/05/Laferriere-module04b.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1662" title="Laferriere module04b" src="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2012/05/Laferriere-module04b-300x230.jpg" alt="" width="300" height="230" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">4.1. Vous souvenez-vous des premières lignes que vous avez écrites ? L’écriture vous a-t-elle toujours possédé ou bien a-t-elle été une maîtresse infidèle ? Savez-vous dire pourquoi vous écrivez ? Par exemple : l’écriture de votre livre a-t-elle simplement accompagnée votre retour d’exil ? Votre retour n’était-il pas en lui-même un moment de littérature ? Votre vie romancée et votre vie réelle ne se fécondent-elles pas l’une l’autre?</p>
<p style="text-align: justify;">4.2. Vous ne souhaitez pas que le lecteur envahisse votre travail, en se prenant lui-même pour un personnage de roman (p. 25). Mais en même temps vous considérez le lecteur comme un partenaire très actif : pour vous,  « c’est le lecteur qui fait le déplacement » (p. 32) . Pouvez-vous développer cette idée ? Quelle place assignez-vous au lecteur ? Si c’était uniquement lui qui venait vers vous, n’y aurait-t-il pas une forme d’asymétrie ? Quand vous écrivez, ne pensez-vous jamais au lecteur, à la façon dont il va recevoir votre texte ? Ne vous adressez-vous jamais à lui ? Quelle place lui assignez-vous en définitive ?</p>
<p style="text-align: justify;">4.3. Où écrivez-vous ? Observez-vous des rites qui favorise votre inspiration et votre efficacité, ou bien êtes-vous spontanément à l’aise quand vous vous mettez à écrire ? Ecrivez-vous tous les jours ? Toutes les nuits ? Combien de temps à chaque fois ? Ecriviez-vous à la main, à l’ordinateur ? Combien de fois écrivez-vous une seule page avant de la considérer comme définitive ? Archivez-vous vos cahiers ou vos fichiers ? Avez-vous des lecteurs privilégiés auprès de qui vous testez vos projets?</p>
<p style="text-align: justify;">4.4. Dans le roman le personnage de votre neveu occupe une place importante. Lui n’a pas quitté Haïti. Il veut devenir écrivain comme vous. D’ailleurs il porte le même nom que vous. Quels conseils lui donnez-vous ? La modestie n’est-elle pas la première qualité requise ? (p. 107). Mais aussi : p. 108-109 : de bonnes fesses, des talents de bonne cuisinière ; p. 109 : attendre dix ans pour savoir si on sait écrire ; p. 113 : « user d’un peu de compassion pour son travail » etc.</p>
<p style="text-align: justify;">4.5. Le thème du retour d’exil, le choix d’alterner prose et poésie, mais aussi la tonalité de votre roman, sa musicalité, beaucoup de choses vous apparentent à ce qu’on pourrait appeler une « littérature caraïbe francophone ». Vous reconnaissez-vous une solidarité avec cette famille d’écrivains ?<br />
Vous faites vous-même beaucoup référence à Aimé Césaire et à ses Cahiers du retour au pays natal, dont vous dites qu’ils ne vous quittent jamais. Et pourtant vous êtes critique, soulignant par exemple que longtemps pour vous le cri, la révolte, chez Césaire l’ont emporté sur la langue et sur la poésie (p. 62). Pourriez-vous préciser votre pensée ?<br />
Césaire n’est-il pas pourtant pour vous un autre père ? Y a-t-il eu ces dernières années, dans la littérature des Caraïbes par exemple, un livre de fiction qui à vos yeux n’a pas eu l’impact qu’il aurait mérité et que vous aimeriez défendre ?</p>
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		<title>Lecture &#8211; Eric Reinhardt</title>
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		<pubDate>Fri, 11 May 2012 12:21:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Eric Reinhardt]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures]]></category>

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		<description><![CDATA[Eric Reinhardt lit, pour Interlignes, un extrait de son roman &#171;&#160;Le Système Victoria&#160;&#187;: Interlignes &#8211; Eric Reinhardt &#8211; Lecture par Striana]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Eric Reinhardt lit, pour Interlignes, un extrait de son roman &laquo;&nbsp;Le Système Victoria&nbsp;&raquo;:<br />
<iframe frameborder="0" width="480" height="270" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xqqy4j?logo=0&#038;forcedQuality=hq"></iframe><br /><a href="http://www.dailymotion.com/video/xqqy4j_interlignes-eric-reinhardt-lecture_webcam" target="_blank">Interlignes &#8211; Eric Reinhardt &#8211; Lecture</a> <i>par <a href="http://www.dailymotion.com/Corsen-Striana" target="_blank">Striana</a></i></p>
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		<title>Banquises de Valentine Goby par Yves Mabon du blog d&#8217;Yv</title>
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		<pubDate>Thu, 10 May 2012 15:09:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Valentine Goby]]></category>

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		<description><![CDATA[Lisa part au Groenland. Elle part sur les traces de sa soeur Sarah, disparue sur la banquise vingt-huit ans plus tôt. Elle découvre la réalité de la vie des Inuits : chômage, isolement, réchauffement climatique qui change leurs conditions de vie. Elle loge chez une médecin française qui vit là-bas depuis plusieurs années. Plus qu&#8217;une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-medium wp-image-1169  aligncenter" title="Banquises" src="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2011/12/Banquises-204x300.jpg" alt="" width="204" height="300" /></p>
<p style="text-align: justify;">Lisa part au Groenland. Elle part sur les traces de sa soeur Sarah, disparue sur la banquise vingt-huit ans plus tôt. Elle découvre la réalité de la vie des Inuits : chômage, isolement, réchauffement climatique qui change leurs conditions de vie. Elle loge chez une médecin française qui vit là-bas depuis plusieurs années. Plus qu&#8217;une recherche de sa soeur, ce voyage est enfin le moyen de s&#8217;affirmer seule, sans comparaison à Sarah.</p>
<p style="text-align: justify;">Après Léna, de Virginie Deloffre, me revoici dans les glaces du Grand Nord. Ce coup-ci au Groenland. La rentrée littéraire est froide chez Albin Michel qui s&#8217;est mis au diapason des températures estivales 2011. C&#8217;est donc au chaud, à la maison sous la couette de préférence que j&#8217;ai lu ce roman. (Exit le hamac des trois lumières)</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai été emballé dès les premières phrases qui décrivent l&#8217;aéroport et l&#8217;attente de l&#8217;embarquement. Embarqué moi aussi, mais par l&#8217;écriture de Valentine Goby : phrases longues, déstructurées, triturées, hachées, virgulées, si je puis m&#8217;accorder ce néologisme. Rarement un auteur a autant usé de cette ponctuation !</p>
<p style="text-align: justify;"><em>&laquo;&nbsp;Des portes automatiques trouent çà et là le béton, laissant voir des portions de la route circulaire, silhouettes floues, carrosseries de voitures et de cars Air France mal détourés dans l&#8217;obscurité -dehors, à vingt mètres de ce boyau, invisible, le plein jour. Au niveau supérieur, loin à hauteur de la piste de décollage, des vitres étroites taillent des triangles, des quadrilatères dans le ciel cru, dans le talus d&#8217;herbe fluo, les barbelés, les fuselages d&#8217;avion.&nbsp;&raquo;</em> (p.9)</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;auteure dresse le portrait de cette famille qui se relève difficilement de la disparition de leur fille aînée (Sarah, 22 ans). Les parents passent leur temps à l&#8217;aéroport, à diffuser des photos, des avis de recherche. Ils laissent systématiquement quelqu&#8217;un à la maison pour ne pas rater un éventuel appel de Sarah. Lisa, 14 ans, doit se construire dans cette absence. Difficile d&#8217;exister pour elle aux yeux de ses parents, totalement obsédés par la disparition.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>&nbsp;&raquo; Elle</em> [Lisa] <em>dort, anesthésiée, jusqu&#8217;à ce qu&#8217;une main tambourine à sa porte.</em> [...] <em>De l&#8217;autre côté de la porte, la mère et le père prêts à partir, sac à main, clés de voiture. Lisa jette un oeil à la pendule, 7 heures trente,</em> vous allez où ? <em>A l&#8217;aéroport. Passer des annonces sonores, attendre dans les halls d&#8217;arrivée, faire la queue au comptoir Scandinavian Airlines, harceler les hôtesses, les douaniers, la police si Sarah ne se montre pas. Qu&#8217;elle reste à l&#8217;appartement, elle, surtout ne pas sortir il faut quelqu&#8217;un près du téléphone, qu&#8217;elle commande une pizza si elle a faim mais vite, pas de conversation prolongée, laisser la ligne disponible,</em> à tout à l&#8217;heure<em>.&nbsp;&raquo;</em> (p.51)</p>
<p style="text-align: justify;">Elle va au fond de ses personnages, les ausculte, un peu comme Sylvie, la médecin exilée au Groenland qui devine les pathologies, les tumeurs en observant et en palpant, puisque non munie de scanner ; elle écrit aussi leurs peurs, leurs angoisses, leurs malheurs. Mais, malgré tout cela, je me suis un peu ennuyé dans le milieu du livre. Trop d&#8217;introspection qui tourne un peu en rond. La maman notamment est omniprésente, et sa dépression permanente est un peu trop décrite, trop présente par rapport à la vie de Lisa au Groenland et la recherche de sa propre personnalité. La perte d&#8217;un enfant est intolérable, insupportable, certes, mais je m&#8217;attendais plus à un roman initiatique pour Lisa qu&#8217;à un état des lieux de la dépression maternelle. Un peu beaucoup, un peu déprimant pour le lecteur aussi, surtout si l&#8217;on y ajoute, le froid glaciaire, la fin prévisible de certaines régions polaires. En plus, plus de soleil chez nous, alors que la glace fond aux pôles. Rien ne va plus ma p&#8217;tite dame. Tout fout le camp, on ne sait plus comment s&#8217;habiller.</p>
<p style="text-align: justify;">Heureusement, la fin du livre revient sur Lisa et sur son séjour sur la banquise. Là, elle est en face d&#8217;une catastrophe écologique et humaine, et elle relativise ses propres tourments. Sa rencontre de gens dans la misère, dans des situations inextricables l&#8217;aideront à avancer.</p>
<p style="text-align: justify;">Valentine Goby garde tout au long du livre son style nerveux et décousu, et même si parfois les phrases se font plus courtes, c&#8217;est juste un changement de ponctuation. Le point remplace la virgule, mais ni le rythme, ni le plaisir de lecture ne sont amoindris.</p>
<p style="text-align: justify;">Un roman qui n&#8217;emporte pas totalement mon adhésion par sa trop forte propension à s’appesantir sur la détresse maternelle au détriment de la reconstruction de Lisa et de la description de son séjour polaire, mais qui, par son écriture m&#8217;a vraiment accroché.</p>
<p style="text-align: justify;">
<address>Yves Mabon</address>
<address>retrouvez cet article sur:</address>
<address><a href="http://lyvres.over-blog.com/" target="_blank">Le Blog de Yv</a></address>
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		<title>Guide d&#8217;entretien &#8211; Otage d&#8217;Elie Wiesel</title>
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		<pubDate>Wed, 09 May 2012 12:18:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Elie Wiesel]]></category>
		<category><![CDATA[Guide d'entretien]]></category>

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		<description><![CDATA[1. « De nouveau la barbarie… » 11. En 1975, en plein New York, Shaltiel Feigenberg, citoyen américain, est enlevé sans raison apparente. Il est détenu les yeux bandés dans une cave par des geôliers qui sont aussi des tortionnaires. Lui qui, avec sa famille juive, a vécu les horreurs de la Seconde guerre mondiale [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>1.	« De nouveau la barbarie… »</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2012/05/Elie-Wiesel1b.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1634" title="Elie Wiesel1b" src="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2012/05/Elie-Wiesel1b-300x230.jpg" alt="" width="300" height="230" /></a><br />
11. En 1975, en plein New York, Shaltiel Feigenberg, citoyen américain, est enlevé sans raison apparente. Il est détenu les yeux bandés dans une cave par des geôliers qui sont aussi des tortionnaires. Lui qui, avec sa famille juive, a vécu les horreurs de la Seconde guerre mondiale en Europe centrale, est replongé brutalement dans son passé. Il se demande : « De nouveau victime de la barbarie, pour quelle raison ? » 18 « Je sens naître un désir obscur de comparer mon emprisonnement et les menaces de mort à ce qu’ont subi mon père, ma mère et leurs parents. » 83-84 Pourquoi avoir choisi ce fait divers comme thème de votre nouveau roman ? Est-ce parce que Shaltiel a été enlevé pour la seule raison qu’il est juif, comme si l’horreur nazie, en 1975, se répétait ?<br />
12. La stratégie des preneurs d’otage est résumée par Shaltiel p. 261 : « Déstabiliser la situation en Israël en frappant les Juifs américains, ses principaux supporters. » Les ravisseurs demandent la libération de trois prisonniers, l’un détenu aux Etats-Unis, deux en Israël. Les services israéliens sont très vite associés, à leur demande, au travail de la police américaine. L’affaire paraît illustrer, dit le Premier ministre israélien, « les rapports intimes entre l’Etat juif et le peuple juif, (c’est-à-dire) la diaspora juive » 60. Est-ce que la stratégie des preneurs d’otages avait une chance d’être efficace ? On a le sentiment que personne n’envisage de céder au chantage.<br />
13. Dans la petite cave obscure où Shaltiel est détenu, il y a deux geôliers, Ahmed et Luigi. Pouvez-vous nous présenter chacun d’entre eux ?  Ils cherchent à extorquer des aveux 15. Mais de quel méfait, de quelle faute accusent-ils Shaltiel ? Des quelques articles favorables à Jérusalem écrits « publiés dans un obscur mensuel juif édité par le département d’études littéraires d’un collège juif d’Ohio » 78 ? Ils veulent surtout que l’otage signe « un aveu » disant son « dégoût de l’armée juive, des politiciens juifs ». Ensuite la demande évolue. P. 270, il est question d’une « lettre les implorant (les Juifs) d’avoir pitié de toi et des tiens. Et de libérer nos prisonniers à nous. » Quel aurait pu être l’effet de telles déclarations si Shaltiel avait accepté de les signer ?<br />
14. Comme Shaltiel refuse de se prêter à ce jeu, il est maltraité physiquement. La haine dont il est l’objet s’inscrit dans sa chair. Vous parlez aussi de sa peur 13, de son angoisse insoutenable 73, du sentiment de terreur qu’il éprouve 264, 274. Pourquoi avez-vous tenu à revenir régulièrement sur les souffrances endurées et à en donner une description détaillée ? Par ex : 14, 174, 176, 206. Qu’est-ce que ces évocations pénibles apportent au récit ?<br />
15. A un certain moment les conditions de détentions s’assouplissent. « Soudain, ses geôliers cessèrent d’avoir recours à la torture, et même à la violence, sauf verbale. En fait on lui ôta son bandeau des yeux. » 242. Pourquoi ce changement d’attitude ? Les geôliers se présentent comme « des combattants du Groupe palestinien d’action révolutionnaire » 67. Apparaît pourtant une différence d’approche entre Ahmed l’arabe et Luigi l’Italien. Pouvez-vous nous en dire davantage ?</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>2.	L’impasse révolutionnaire</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2012/05/Elie-Wiesel2b.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1635" title="Elie Wiesel2b" src="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2012/05/Elie-Wiesel2b-300x230.jpg" alt="" width="300" height="230" /></a><br />
21. Tandis qu’Ahmed est mu par la haine des Juifs, Luigi poursuit un idéal révolutionnaire qui dépasse la cause palestinienne. Pour lui, les arabes représentent « ce qu’étaient les prolétaires du temps de Lénine » 250. « Tu m’appelles tortionnaire, bourreau, assassin, et que sais-je encore, dit-il à Shaltiel, alors que je me déclare révolutionnaire. »  282. Comment, historiquement, la cause palestinienne, essentiellement nationale, s’est-elle internationalisée sous la bannière de la révolution mondiale ? Comme le montre le film d’Olivier Assayas, Carlos (point commun avec Luigi : il n’est pas arabe), le terrorisme, supposé être le moyen de la révolution, peut aussi devenir une fin en soi. Diriez-vous que le terrorisme discrédite les mouvements révolutionnaires ?  Mais comment faire la révolution pacifiquement ? Une révolution n’est-elle pas nécessairement porteuse de ruptures violentes ?<br />
22. A travers l’histoire du frère de l’otage, Pinhas (=Pavel), vous explorez la voie révolutionnaire, pour conclure que c’est une impasse. Convaincu par un camarade de travail, Pinhas adhère au parti communiste juif et fuit sa famille et sa Galicie natale pour rejoindre la Russie de Staline. Peut-on dire qu’à ce stade de son parcours, la foi révolutionnaire a remplacé chez Pinhas-Pavel la foi religieuse (Cf. Marx remplaçait Moïse » 185) ? Que l’amour de la révolution avait pris la place de l’amour qu’un jeune homme peut éprouver pour une femme 184 ?<br />
Que fait Pinhas en Russie soviétique ? Dans quelles circonstances perd-il ses illusions ? L’antisémitisme de Staline est-il un fait historique avéré ? Comment se retrouve-t-il à Jérusalem, et pour quoi faire ? Cf. 318/319 Pourquoi a-t-il le sentiment d’avoir trahi ses parents 36/337 ? D’avoir combattu « dans l’erreur et pour l’erreur » 337 ?<br />
23. N’avez-vous jamais été tenté vous-même par la voie révolutionnaire ? Le mobile initial de Pinhas est noble : il s’engage au parti communiste juif le jour où il voit son père, qui n’a pas les moyens de secourir ses voisins menacés d’expulsion, pleurer de désespoir 319-320. « Je compris, dit-il, que la voie choisie par mon père n’était pas unique et peut-être pas même la plus juste pour améliorer la condition des hommes et l’attente messianique des Juifs. Il y en avait une autre. Aussi bonne sinon meilleure. » 320. La lutte pour la justice, invoquée par Luigi à propos des « malheureux Palestiniens opprimés » 227, n’est-elle pas une motivation respectable ? Pensez-vous comme Shaltiel que la Révolution est « un terme noble, mais un mot sanglant » 155 ? Qu’il « allume l’espoir le plus humain et la perte d’espoir la plus cruelle » 155 ? Pensez-vous comme Pinhas repenti que la Révolution est « une route qui ne mène pas à la libération des nations mais à leur esclavage » ?<br />
24. L’une des plus belles parties du livre est consacrée au dialogue entre Shaltiel et l’un de ses geôliers, l’Italien Luigi. Dans une ambiance à la Dostoïevski ou à la Malraux, otage et bourreau réfléchissent ensemble aux parallèles que l’on peut faire ou ne pas faire entre l’Europe de la Deuxième guerre mondiale et le Proche Orient des années 1970. Luigi tente de faire un parallèle entre l’occupation des territoires palestiniens et l’occupation de l’Europe par L’Allemagne nazie. Shaltiel s’insurge 229. Il fait un parallèle inverse entre la conception palestinienne de la Révolution et les méthode de l’Allemagne hitlérienne 231. Accepteriez-vous de développer votre point de vue sur ces questions ?<br />
25. Finalement, Luigi révèle que son père a fait partie des tortionnaires fascistes qui se sont fait détacher dans les unités spéciales des SS. « Un être abject » 287. C’est là l’origine de son engagement. Il a beaucoup lu et lui est « venue l’idée de rejoindre ceux qui, par un étrange besoin de pureté, envisageait de détruire le monde afin de le sauver. » 290  Le dialogue permet à Shaltiel de montrer à Luigi qu’en s’en prenant à un Juif innocent, il ne fait en réalité que reproduire le comportement de son père 296. A la fin du livre, Luigi contribue à la libération de son otage. Une telle conversation &#8211; une telle conversion &#8211; vous paraissent-ils concevables ou relèvent-elles de la fiction romanesque ?<br />
26. Vous avez reçu en 1986 le Prix Nobel de la Paix. Par quoi à votre avis passe l’indispensable réconciliation entre les Israéliens et les Palestiniens ?</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>3.	Ascendance, descendance</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2012/05/Elie-Wiesel3b.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1636" title="Elie Wiesel3b" src="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2012/05/Elie-Wiesel3b-300x230.jpg" alt="" width="300" height="230" /></a><br />
31. Shatiel enfermé plonge dans ses souvenirs. « Dans sa cave, sa pensée le projette dans le passé. » 11. Il évoque « la vie de ses parents, jadis » 101. Qui était les parents de Shatiel ? Où a-t-il grandi ? Dans quelle contexte familial, social, historique s’est déroulée l’enfance de Shatiel ? Le lecteur ne peut s’empêcher de faire un rapprochement entre la ville natale de Shaliel, Dovarosk en Galicie, et la vôtre, Sighet, en Transylvanie. Avez-vous glissé dans les souvenirs d’enfance de Shaliel quelques-uns de vos souvenirs personnels ? L’enfant Shaliel, c’est vous ?<br />
32. Vous semblez avoir un point commun avec Shaliel, c’est le temps passé à accepter l’hypothèse de la paternité. C’est un sujet dont vous parlez peu, mais votre biographie révèle que votre enfant unique Elisha est né en 1972, lorsque vous aviez vous-même 44 ans. Il est vrai que vous n’étiez marié que depuis trois ans. Pour justifier son choix de ne pas être père, Shaltiel disait « Pourquoi donner la vie à des enfants, alors que ce sont les bourreaux qui décident du destin des hommes. » 302 Etait-ce aussi votre conviction ?<br />
Vous-même avez déclaré après la naissance de votre fils : « C’est Marion (votre femme) qui m’a persuadé. C’était une erreur de donner aux tueurs une victoire de plus. »  Cf aussi 57. Pouvez-vous nous expliquer ce lien entre l’holocauste et la difficulté d’être père ? Malka, la belle-mère de Shaltiel, a-t-elle raison quand elle déclare à Time Magazine : « Ils sont partout. Ils ne nous pardonnent pas d’avoir survécu et d’avoir des enfants. » 57 ? Ne pas perpétuer sa famille, est-ce donner raison aux bourreaux ? A l’inverse, en acceptant d’être père, ne vous êtes-vous pas libéré une deuxième fois ?<br />
Pourquoi avoir attendu si longtemps pour changer de point de vue ? Ce long délai est-il comparable à celui que vous avez choisi de respecter entre votre sortie des camps et l’écriture de votre témoignage (à la différence de Primo Lévi qui a choisi de s’exprimer dès 1947) ?<br />
En acceptant d’avoir un enfant, avez-vous eu le sentiment de renouer le fil vertical de la parentalité ? A propos de la naissance d’Elisha, vous avez déclaré aussi : « La longue lignée d’où je viens ne doit pas s’arrêter avec moi ». Votre fils Elisha vous a-t-il aidé à être vous-même fils de Shlomo ?<br />
33. L’épreuve que traverse Shaltiel le transforme sur ce point précis. Au moment où avec sa famille et ses amis il fête sa libération, il ressent comme un manque l’absence d’enfant. Tout le livre est traversé par cette  thématique. Il s’ouvre sur la phrase « Il manque quelqu’un » et se clôt sur le sourire de la femme de Shaltiel, Blanca, qui a compris que son homme, qui refusait de procréer, a « changé de conviction ». Entre la première et la deuxième phrase, ce thème de l’enfant manquant, de l’absence héritier, revient sans cesse 142, 221.<br />
Comment se fait-il que l’épreuve de la captivité ait à ce point changé la psychologie de Shaltiel ? Pourquoi accepte-t-il après ce qu’il refusait avant ? Est-ce tout simplement son amour pour Blanca, dont il découvre la sécheresse, qui s’est réveillé ? Son dialogue avec Luigi, au cours duquel chacun a évoqué son propre père, l’a-t-il influencé ?<br />
34. A travers la question de l’enfant, c’est celle de la transmission qui est posée. Depuis votre livre Nuit, publié en 1957 en France grâce au soutien de François Mauriac et de Jérôme Lindon, vous êtes l’un des grands témoins de l’Holocauste. Vote notoriété est mondiale. Beaucoup d’éducateurs, de professeurs, de parents nous regardent et nous écoutent. Quel message voulez-vous leur délivrer ? Pourquoi est-il toujours capital aujourd’hui, malgré le temps qui passe, de continuer à expliquer les horreurs de la Seconde guerre mondiale aux enfants et aux jeunes ? Comment peut-on s’y prendre pour les atteindre et tirer avec eux les leçons de cet effroyable passé ?</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>4.	Elie Wiesel, écrivain</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2012/05/elie-wiesel4b.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1637" title="elie wiesel4b" src="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2012/05/elie-wiesel4b-300x230.jpg" alt="" width="300" height="230" /></a><br />
41. Votre livre alterne la description des tourments de Shaltiel dans sa cave et l’évocation de ses souvenirs. On assiste donc à des allers et retours entre le présent et le passé, mais aussi entre la réalité et la fiction. Car Shaltiel est un conteur pour qui l’imaginaire compte beaucoup. Quelle différence faites-vous entre le souvenir et le songe ? Entre l’historien et le romancier ? Shaltiel est doué d’une excellente mémoire, qui contribue à son talent de joueur d’échecs. Mais sa capacité à inventer des histoires et à se réfugier dans le conte ne l’aide-t-elle pas à comprendre son passé ? Pour rendre compte de l’indicible, ne faut-il s’adresser à la sensibilité autant qu’à la raison ?<br />
42. A ce titre, votre roman est exemplaire. Il raconte une histoire particulière, mais au-delà d’elle il touche à l’universel, car le drame de Shaltiel, révélé par la circonstance de sa prise d’otage à retardement, en 1975 à New York, est celui de tout un peuple. Vous paraît-il plus efficace, au regard de l’enjeu de transmission, de raconter une histoire ou bien de faire une conférence ? Est-ce un hasard si le titre du roman est Otage et non pas L’otage ou Un otage ? Est-ce un adjectif ou un substantif ? L’indétermination contenue dans le titre ne signifie-t-elle pas que d’autres que Shaltiel, dans d’autres circonstances, peuvent avoir le comportement d’un otage ?<br />
43. Comment avez-vous préparé l’écriture d’Otage ? Pensiez-vous à ce thème depuis longtemps ? Comment vous êtes-vous documenté ? Vous êtes-vous fait aider ? Shaltiel Feigenberg est-il toujours vivant ? L’avez-vous rencontré / Avez-vous rencontré sa famille ? A-t-il / elle votre manuscrit ? Qu’en a-t-il / elle pensé ? Quelle liberté vous êtes-vous autorisé par rapport à la réalité des faits ? N’avez-vous pas introduit un peu de votre propre histoire dans l’histoire de Shaltiel ?<br />
44. Une fois la documentation rassemblée, avez-vous imaginé une architecture d’ensemble ou bien vous êtes-vous lancé directement dans l’écriture, reportant à plus tard l’agencement des fragments ? Avez-vous rédigé les choses au brouillon, puis réalisé plusieurs versions successives, ou bien écrivez-vous directement au propre, d’un seul jet ? Avez-vous un ou des relecteurs qui vous guident pendant l’écriture ? Quel rôle jour votre éditeur, ou vos éditeurs ?<br />
Y a-t-il pour vous un moment plus favorable pour écrire ; le matin, l’après-midi, le soir, la nuit ? Ecrivez-vous à la main ou à l’ordinateur ? Avez-vous des habitudes, des rites qui vous aident à être efficace ?<br />
45. On dit que Elud Olmert, il y a quelques années, vous a proposé de devenir président de l’Etat d’Israël et que vous avez refusé, expliquant que votre métier c’était d’être écrivain. Vous dirigez aussi la Fondation Elie Wiesel pour l’humanité, que vous avez fondée avec votre épouse. L’action purement politique ou institutionnelle ne vous a donc jamais tenté ? Pensez-vous être plus utile à travers l’écriture ou l’action humanitaire ?<br />
46. En dehors de vos ouvrages, de quels livres récents pourriez-vous recommander la lecture à celles et ceux qui nous regardent ?</p>
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		<title>Lecture &#8211; Eric Fottorino</title>
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		<pubDate>Fri, 04 May 2012 14:20:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Eric Fottorino]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures]]></category>

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		<description><![CDATA[Eric Fottorino lit pour Interlignes un extrait de son roman &#171;&#160;Le Dos crawlé&#160;&#187;: Interlignes &#8211; Eric Fottorino &#8211; Lecture par Striana]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Eric Fottorino lit pour Interlignes un extrait de son roman &laquo;&nbsp;Le Dos crawlé&nbsp;&raquo;:<br />
<iframe frameborder="0" width="480" height="270" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xql7ld?logo=0&#038;forcedQuality=hd720"></iframe><br /><a href="http://www.dailymotion.com/video/xql7ld_interlignes-eric-fottorino-lecture_webcam" target="_blank">Interlignes &#8211; Eric Fottorino &#8211; Lecture</a> <i>par <a href="http://www.dailymotion.com/Corsen-Striana" target="_blank">Striana</a></i></p>
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		<title>La légende de nos pères de Sorj Chalandon par Nadège Duparchy</title>
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		<pubDate>Thu, 03 May 2012 16:01:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sorj Chalandon]]></category>

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		<description><![CDATA[« J’ai laissé partir mon père sans écouter ce qu’il avait à me dire, le combattant qu’il avait été, le Résistant, le héros. » Journaliste à Libération pendant 30 ans, Sorj Chalandon nous livre dans « La légende de nos pères » un roman doté d’une plume journalistique hors pair, et d’un style littéraire maitrisé qui fait abstraction du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2012/05/chalandon.jpg"><img class="size-medium wp-image-1623  aligncenter" title="chalandon" src="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2012/05/chalandon-189x300.jpg" alt="" width="189" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">« J’ai laissé partir mon père sans écouter ce qu’il avait à me dire, le combattant qu’il avait été, le Résistant, le héros. »</p>
<p style="text-align: justify;">Journaliste à Libération pendant 30 ans, Sorj Chalandon nous livre dans « La légende de nos pères » un roman doté d’une plume journalistique hors pair, et d’un style littéraire maitrisé qui fait abstraction du détail.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce petit bijou de littérature raconte la vie de Marcel Frémeaux. Cet ancien journaliste s’est converti en biographe familial, son métier consiste a écouter des clients qui veulent mettre leur vie par écrit pour en faire un livre. Il est alors, peu de temps après la mort de son père, contacté par Lupuline. Elle souhaite qu’il retranscrive la vie de son père pendant la guerre, les histoires qu’il lui racontait étant petite sur sa vie de résistant.</p>
<p style="text-align: justify;">En sachant que Sorj Chalandon, a gagné le prix de l’académie française en 2011 pour son dernier roman, on est un peu déçu, par le début qui réitère les lacunes de son premier roman (La promesse 2011). L’écriture est un peu « facile », et laisse transparaitre un manque navrant d’émotions. Mais finalement, de manière surprenante, les instincts de journaliste semblent peu à peu s’initier à l’art du roman. L’écriture se sublime.</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque, Marcel Frémeaux met sur papier la vie de Tescelin Beuzaboc, il se noie irrémédiablement dans la vie de son père, lui aussi résistant, mais qui ne voulait jamais en parler. Alors lorsque le doute, « Chaque mot grimaçait la fable »,p202 s’installe sur la véracité des faits raconté par Beuzaboc, nouveau père par substitution, il nait une véritable confusion. Mené par un besoin de vérité dû à la mort de son père, il fera tout pour confronter ce pauvre homme à ses fantômes jusqu&#8217;à même se heurter à la devise de son métier : « raconter sans juger ». Les silences et non-dits seront omniprésents. Lorsqu’enfin la vérité doit faire jour, le lecteur arrive à bout de souffle.</p>
<p style="text-align: justify;">La dernière merveille de ce livre est la subtile description de l’attente qu’a chaque enfant envers ses parents. L’amour de la fille pour son père et ce besoin vitale  de faire de celui-ci un héros est décrit avec brio. On note sans faute que pour avoir une tel description de ce lien il faut en être acteur (ndlr : Sorj Chalandon a 3 filles). Bien que ce thème est souvent repris (Justine Levy, De Vigan), peu d’auteurs ont comme lui avec distance mais sensibilité décrit la pénible position du parent d’être toujours « le plus fort, le meilleur ». Ce troisième roman s’inscrit dans une progression prodigieuse de la plume de Sorj Chalandon qui tant à devenir sans nul doute, l’un des écrivains les plus remarquables de son temps.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Nadège Duparchy</em></p>
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		<title>Guide d&#8217;entretien : Yannick Haenel &#8211; Jan Karski</title>
		<link>http://interlignes.curiosphere.tv/?p=1611</link>
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		<pubDate>Wed, 02 May 2012 15:14:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Guide d'entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Yannick Haenel]]></category>

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		<description><![CDATA[1. Un projet original 1.1. Pouvez-vous en quelques mots nous dire qui était Jan Karski, qui fournit son titre à votre livre ? Claude Lanzmann, dans Shoah, avait déjà redécouvert Jan Karski. Il reparle de lui dans Le Lièvre de Patagonie, publié au début de l’année. Vient de sortir aussi Les Sentinelles, de Bruno Tessarech, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>1. Un projet original</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2012/04/HAENEL01.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1612" title="HAENEL01" src="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2012/04/HAENEL01-300x230.jpg" alt="" width="300" height="230" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">1.1. Pouvez-vous en quelques mots nous dire qui était Jan Karski, qui fournit son titre à votre livre ?<br />
Claude Lanzmann, dans Shoah, avait déjà redécouvert Jan Karski. Il reparle de lui dans Le Lièvre de Patagonie, publié au début de l’année. Vient de sortir aussi Les Sentinelles, de Bruno Tessarech, où Karski occupe une place importante. Comment expliquez-vous le regain d’intérêt dont bénéficie aujourd’hui pour Jan Karski ?</p>
<p style="text-align: justify;">1.2. Vous avez donc choisi de revenir sur la Shoah à travers le portrait de celui qui fut le grand messager de la Résistance et des Juifs polonais. Vous nous proposez un livre radicalement différent du précédent. Cercle était un roman de pure fiction, épais, onirique, poétique. Jan Karski est un livre très simple, court, documenté. C’est à la fois une biographie et un roman historique.<br />
Pourquoi ce choix radicalement différent du précédent ?  Comment l’importance de Karski s’est-elle imposée à vous ? Aviez-vous des raisons personnelles de vous intéresser à lui, qui renverraient à votre histoire familiale ou personnelle ?</p>
<p style="text-align: justify;">1.3. Votre livre se compose de trois parties très différentes, non pas par le sujet qu’elles traitent, mais par les formes qu’elles adoptent.<br />
Pouvez-vous nous présenter les trois angles que vous adoptez successivement pour évoquer Jan Karski ?<br />
Pourquoi commencer par la fin, c’est-à-dire par l’interview de Karski réalisée par Claude Lanzmann en 1978, et montrée dans Shoah en 1985, et non pas par l’autobiographie rédigée en 1944 ?<br />
Comment avez-vous procédé dans la troisième partie pour passer du point de vue de l’historien à celui de Karski lui-même, qui se transforme en narrateur ? Comment êtes-vous passé du travail documentaire à un travail d’imagination ?</p>
<p style="text-align: justify;">1.4. Vous avez été professeur jusqu’à une date récente (2005). Votre livre a une dimension didactique.<br />
Est-ce que l’ancien professeur a influencé l’écrivain ? Est-ce qu’au fond vous ne poursuivez pas sous une autre forme votre mission de transmetteur de connaissance, de passeur, d’éveilleur des consciences ?<br />
Vous animez aussi une revue, Lignes de Risques, publiée dans chez Gallimard dans la collection de Philippe Sollers. Vous réfléchissez avec vos proches, avec les personnalités que vous interviewez, au devenir de la littérature.<br />
Pensez-vous que la littérature a pour fonction de véhiculer de la pensée ? A quelles conditions peut-elle le faire tout en restant littérature, c’est-à-dire construction d’une forme qui relève de la beauté plutôt que de la vérité ?</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>2. Sa vie est un roman</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2012/04/HAENEL02.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1613" title="HAENEL02" src="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2012/04/HAENEL02-300x230.jpg" alt="" width="300" height="230" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">2.1. Jan Karski est né en 1914. Il est polonais. Quand la guerre éclate, en 1939, il a 25 ans. Il vient de passer trois ans à faire le tour des grandes bibliothèques d’Europe et se destine au métier de diplomate.<br />
Quel tempérament avait le jeune homme Jan Karski. Lorsqu’il est mobilisé, comme tous les jeunes Polonais, quel est son état d’esprit ? Que découvre-t-il ?<br />
Vous racontez dans quelles circonstances ce qu’on a appelé le quatrième partage de la Pologne pousse au suicide, sous les yeux du jeune Karski, un sous-officier polonais. Pouvez-vous nous parler de l’étau germano-soviétique qui étouffe la Pologne dès le début de la Guerre ?<br />
La Pologne a-t-elle un destin maudit ? Etre polonais, est-ce être bouc émissaire ? Cf. p. 120, Cf. aussi l’accueil de Shoah en Pologne. Les Polonais sont-ils condamnés à être des résistants ? Cf. p. 122.</p>
<p style="text-align: justify;">2.2. Prisonnier des Russes, Karski devient prisonnier des Allemands puis s’évade, au péril de sa vie. Il prend contact progressivement avec la résistance polonaise, et devient un « messager » (p.60), un « courrier de l’Etat secret polonais ».<br />
Karski accomplit de nombreuses missions très dangereuses, il traverse les frontières sous de faux noms, se rend jusqu’à Paris, jusqu’à Londres. Peut-on dire que Karski devient progressivement un héros ?<br />
Pourtant, lorsque Karski est arrêté par la Gestapo en Slovaquie, n’est-ce pas le résultat d’une imprudence de sa part ?<br />
Comment Karski parvient-ils à s’extraire des geôles des SS ?</p>
<p style="text-align: justify;">2.3. Fin août 1942. Jan Karski est chargé par les dirigeants de la résistance polonaise de porter des messages à propos de l’extermination des Juifs. Il visite le ghetto de Varsovie, guidé par deux hauts responsables de la communauté juive. Ce qu’il découvre est dantesque.<br />
La Résistance polonaise fait alors sienne la cause des Juifs, et mêle à son message nationaliste un message plus universel, centré sur le risque d’une extermination complète des Juifs d’Europe. Cette vision globale s’est-elle imposée à la Résistance polonaise dès que l’existence des camps a été connue ?<br />
Pourquoi est-ce Jean Karki qui a été choisi pour faire ce travail ? Le fait qu’il ne soit pas juif mais catholique (il voyage accompagné d’une hostie consacrée) a-t-il joué un rôle dans sa désignation ? Pourquoi a-t-on pensé que c’était l’homme de la situation ?</p>
<p style="text-align: justify;">2.4. Parvenu en Amérique, après être passé par Londres, Jan Karski délivre son message puis reste sur place. Il s’établit aux Etats-Unis.<br />
Pourquoi le patriote Karski ne rejoint-il pas la Pologne ? La Résistance se méfie-t-elle désormais de lui ? Eprouve-t-il le désir de vivre libre (en 1944, il a 30 ans) ? Se dit-il, comme le narrateur de « Cercle » : « C’est maintenant qu’il faut reprendre vie ? »<br />
Aux Etats-Unis, Karski devient professeur de sciences politiques. Il épouse une danseuse polonaise (pp. 160-161), qui est juive et avec qui il peut sans doute parler du passé.<br />
Parvient-il réellement à vivre en paix avec lui-même ? Comment expliquer l’extrême difficulté qu’il éprouve en 1978 à s’expliquer devant la caméra de Lanzmann, à qui il a demandé à être payé pour sa prestation ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>3. Silence</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2012/04/HAENEL03.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1614" title="HAENEL03" src="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2012/04/HAENEL03-300x230.jpg" alt="" width="300" height="230" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">3.1. A Londres, à Washington, Karski témoigne comme prévu de ce qu’il a vu. Il prévient les dirigeants britanniques et américains (il est reçu par Roosevelt le 28 juillet 1943) de l’extermination en cours de tous les Juifs d’Europe. Mais il ne réussit pas à convaincre.<br />
Qu’est-ce qui selon vous explique cette indifférence, qui apparaît tellement scandaleuse aujourd’hui ? La nouvelle dont Karski était porteur était-elle inaudible, « intransmissible » ? (p. 119)</p>
<p style="text-align: justify;">3.2. Vous écrivez que les Alliés avaient un intérêt commun contre les Juifs d’Europe, « parce qu’ils craignaient d’être obligés les accueillir. » (pp. 129-130)<br />
L’accueil massif des juifs d’Allemagne et d’ailleurs dans les pays occidentaux, ou dans des pays tiers comme la Palestine ou Madagascar aurait-il été une réponse adaptée au plan diabolique des nazis ?</p>
<p style="text-align: justify;">3.3. Churchill est présenté comme étant le prisonnier de ses propres services secrets, qui auraient occulté des informations capitales. Roosevelt, dans votre roman, est conscient du problème posé par l’extermination programmée du peuple juif, mais ne prend pas les initiatives qui se seraient imposées.<br />
La complicité objective des Alliés renvoie-t-elle à un antisémitisme latent, y compris à l’Ouest ?<br />
Pensait-on à l’Ouest qu’à tout prendre le danger nazi était plus grand que le danger communiste, et que donc on il valait mieux le laisser faire un sale travail tant qu’il contenait l’expansionnisme soviétique ?</p>
<p style="text-align: justify;">3.4. Il semble que Karski ne soit pas parvenu à rencontrer le Général de Gaulle à Londres, mais qu’il ait été reçu par l’un de ses proches.<br />
Quel était selon vous l’état d’esprit du Général de Gaulle, en 1942-43, face à cette question de l’extermination des Juifs ?</p>
<p style="text-align: justify;">3.5. Le silence monstrueux du monde libre désespère Jan Karski, qui multiplie les prises de paroles, qui écrit un livre. Mais après Hiroshima et Nagasaki, après la reddition allemande, il décide de se taire, comme si le silence était une condition de survie (p. 154). Cette posture a aussi été celle de Georges Semprun au retour des camps : « J’avais choisi une longue cure d’aphasie, d’amnésie délibérée, pour survivre. (…) La vie était encore vivable. Il suffisait d’oublier, de le décider avec détermination, brutalement. » (Le silence ou la vie, Gallimard, 1994).<br />
Peut-on parler de refoulement, au sens freudien du terme ? Ce refoulement était-il inéluctable ? Explique-t-il la très grande difficulté qu’a éprouvé Jan Karski a renouer avec son passé quand Claude Lanzmann est venu l’interroger ?<br />
Est-ce que le nouveau métier de Jan Karski le professeur de sciences politiques ne l’a pas aidé à prendre de la distance (p. 164) ?<br />
Savez-vous si Karski est retourné en Pologne avant sa mort en 2 000 ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>4.	Yannick Haenel écrivain</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2012/04/HAENEL04.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1615" title="HAENEL04" src="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2012/04/HAENEL04-300x230.jpg" alt="" width="300" height="230" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">4.1. Votre premier métier était le métier de professeur.<br />
Comment l’écriture s’est-elle emparée de vous ? Vous souvenez-vous de vos débuts ? A quel moment avez-vous commencé à considérer que vous étiez un écrivain ? Quand et comment avez-vous pris la décision de mettre entre parenthèse votre activité d’enseignement ?</p>
<p style="text-align: justify;">4.2. Vous avez déjà beaucoup écrit, alors que vous êtes encore très jeune.<br />
Diriez-vous que vous êtes possédé par une passion de l’écriture, un démon de l’écriture ?<br />
Est-ce qu’écrire est pour vous un exercice facile, ou bien l’écriture est-elle une histoire de souffrance ? Luttez-vous au corps à corps avec la page blanche ?</p>
<p style="text-align: justify;">4.3. Ecrivez-vous tous les jours ? Toutes les nuits ? Combien de temps à chaque fois ? Observez-vous certains rites : choix du lieu, des instruments, des vêtements, des boissons associées à l’écriture ?<br />
Prenez-vous des notes en passant, au fil de vos observations ou de vos réflexions, indépendamment des moments spécifiquement consacrés à l’écriture ?<br />
Ecriviez-vous à la main, à l’ordinateur ? Combien de fois écrivez-vous une seule page avant de la considérer comme définitive ? Archivez-vous vos cahiers ou vos fichiers ? Avez-vous des lecteurs privilégiés auprès de qui vous testez vos projets?</p>
<p style="text-align: justify;">4.4. En plus de votre activité de romancier, vous animez une revue théorique qui s’intéresse de près aux questions littéraires.<br />
Quel jugement portez-vous globalement sur les œuvres de fiction qui sont produites aujourd’hui ? Pensez-vous que trop de livres sont édités ? Partagez-vous le sentiment que les Français, à la différence des Américains négligent le récit au profit de l’auto-fiction ?<br />
Y a-t-il eu ces dernières années un livre de fiction qui n’a pas eu à vos yeux l’impact qu’il aurait mérité et que vous aimeriez défendre ?</p>
<p style="text-align: justify;">4.5. La lecture vous paraît-elle un enjeu de société aujourd’hui ? Dans un monde dominé par les écrans, c’est-à-dire par l’image et par le numérique, la place de l’écrit et du livre vous semble-t-elle menacée ? Comment la conforter ?</p>
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		<title>Lecture : Colette Fellous &#8211; Un amour de frère</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Apr 2012 13:37:04 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Colette Fellous]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures]]></category>

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		<description><![CDATA[Colette Fellous lit, pour Interlignes, un extrait de son roman &#171;&#160;Un amour de frère&#160;&#187;: Interlignes &#8211; Colette Fellous &#8211; Lecture par Striana]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Colette Fellous lit, pour Interlignes, un extrait de son roman &laquo;&nbsp;Un amour de frère&nbsp;&raquo;:<br />
<iframe frameborder="0" width="480" height="270" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xqf90o?logo=0&#038;forcedQuality=hd720"></iframe><br /><a href="http://www.dailymotion.com/video/xqf90o_interlignes-colette-fellous-lecture_webcam" target="_blank">Interlignes &#8211; Colette Fellous &#8211; Lecture</a> <i>par <a href="http://www.dailymotion.com/Corsen-Striana" target="_blank">Striana</a></i></p>
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		<title>Yasmina Khadra &#171;&#160;Ce que le jour doit à la nuit&#160;&#187; par Stéphane Bret</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Apr 2012 16:24:12 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Yasmina Khadra]]></category>

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		<description><![CDATA[Qu’est-ce qui détermine la vie d’un homme ? Sa condition  sociale, ses origines, ses antécédents culturels, son enfance ? Sans céder jamais à un schématisme facile, Yasmina Khadra nous invite dans ce roman à une double traversée : celle du destin de Younes Mahieddine, jeune algérien vivant dans un village, misérable, nommé Jenane Jato, dans les années trente, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2012/04/yasmina-khadra-ce-que-le-jour-doit-a-la-nuit.jpg"><img class="size-medium wp-image-1601  aligncenter" title="yasmina-khadra-ce-que-le-jour-doit-a-la-nuit" src="http://interlignes.curiosphere.tv/interlignes/wp-content/uploads/2012/04/yasmina-khadra-ce-que-le-jour-doit-a-la-nuit-188x300.jpg" alt="" width="188" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Qu’est-ce qui détermine la vie d’un homme ? Sa condition  sociale, ses origines, ses antécédents culturels, son enfance ? Sans céder jamais à un schématisme facile, Yasmina Khadra nous invite dans ce roman à une double traversée : celle du destin de Younes Mahieddine, jeune algérien vivant dans un village, misérable, nommé Jenane Jato, dans les années trente, et celui de son pays : l’Algérie.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce personnage , dont la maison familiale a brûlé , et dont le père s’éloigne de sa famille pour des raisons tant matérielles que morales , est confié à son oncle , un musulman éclairé , progressiste vivant avec une européenne, Germaine , gérante d’une pharmacie à Rio Salado, dans les environs d’Oran . Après avoir découvert la misère dans son village d’origine, l’analphabétisme, la discrimination sociale, toujours présente en filigrane dans le roman, il se frotte au milieu des colons européens ; y découvre l’amitié de certains personnages, André, Fabrice, Jean-Christophe, tous épris du désir de vivre follement leurs jeunesses et de profiter de la vie, malgré les nuages qui s’amoncellent sur l’Algérie coloniale.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, capte-t-il les échos de réunions secrètes tenues dans la maison de son oncle ; un soir, il reconnaît Messali Hadj, le fondateur du nationalisme algérien : « Un soir, qui ne ressemblait pas aux précédents, mon oncle m’autorisa à rejoindre ses invités dans le salon. Il me présenta à eux avec fierté. (….) Une seule personne se permettait de discourir .Ce ne fut que beaucoup plus tard, en parcourant un magazine politique, que je pus mettre un nom sur son visage. »<br />
Il tombe amoureux d’une jeune fille, Emilie, qui lui restera inaccessible, et à laquelle il avouera la nature de ses sentiments bien trop tard, lorsque cette dernière aura épousé l’un des ses amis, européen.</p>
<p style="text-align: justify;">Le dualisme de prénom accordé par l’auteur au personnage principal, alternativement surnommé Younes ou Jonas rappelle sans cesse cette impossibilité d’une égalité véritable entre européens et indigènes. Younes alias Jonas est déchiré par cette double appartenance, générée par ses origines et ses fréquentations européennes : « Comment avais-je pu me passer régulièrement de cette partie de moi-même ? Avais-je été toléré, intégré, apprivoisé ? Qui avais-je été à Rio ? Jonas ou Younes ? »</p>
<p style="text-align: justify;">Par  le  poids grandissant des événements , de la guerre insurrectionnelle qui débute en  1954, puis gagne le village de Rio Salado , à l’occasion d’une première visite nocturne de fellaghas dirigés par Jelloul, un ancien camarade de village, dans le local de la pharmacie de Germaine , la vie de Younes est de plus en plus impactée par les « événements d’Algérie », ainsi nommés à l’époque .Les amitiés avec ses relations européennes se distendent, la mort de son oncle, avocat d’une fraternité jamais advenue ,vient rappeler à Younes que son pays est voué à une transformation inéluctable : la fin d’un monde , monde auquel il était relié par ces souvenirs de camaraderie, d’amours inaboutis , de désirs inassouvis vis-à-vis d’Emilie , amour d’enfance inoubliable pour lui.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce que le jour doit à la nuit n’est pas un roman historique, ni un roman d’amour .Il établit une magnifique confluence entre les deux genres et donne à tous ces personnages une touche de vérité et d’humanité qui éveille toujours l’intérêt pour leurs destinées respectives. Un grand roman.</p>
<address>
</address>
<address>Stephane Bret<br />
</address>
<p><a href="http://www.bretstephan.over-blog.com/" target="_blank">www.bretstephan.over-blog.com</a></p>
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